Introduction
Attribuer un « niveau de confiance » à une signature numérique n’a de sens que si l’organisation définit ce que ce niveau mesure. Un produit, un certificat ou une image de signature ne devrait pas recevoir une cote générale détachée du document.
Une échelle utile évalue plutôt le processus complet : impact d’une erreur, identité du signataire, contrôle de l’accès, intégrité du document, méthode de signature, validation et preuve conservée. Le même outil peut donc soutenir des niveaux différents selon sa configuration et le scénario.
Les niveaux proposés par une organisation sont des catégories internes de risque. Ils ne doivent pas être présentés comme des classes juridiques officielles au Canada, ni comme une garantie de validité.
Définir les dimensions de la confiance
Avant de créer des niveaux, établissez les dimensions mesurables :
- identité : avec quelle assurance la personne est-elle confirmée?
- pouvoir : son autorité à signer pour l’entité est-elle vérifiée?
- accès : quelles protections empêchent l’utilisation du compte ou de l’invitation par un tiers?
- intention : le signataire voit-il la bonne version et manifeste-t-il clairement son accord?
- intégrité : les modifications aux données signées peuvent-elles être détectées?
- temps : quelles informations permettent de situer l’événement?
- preuve : le dossier peut-il être exporté, compris et récupéré plus tard?
- conservation : l’intégrité, la lisibilité et les droits d’accès seront-ils maintenus?
Chaque dimension doit avoir un critère vérifiable. « Authentification forte » est trop vague si la politique ne précise pas le facteur, le processus de reprise et les exceptions.
La confiance résulte de la combinaison des contrôles. Un certificat de haut niveau ne compense pas l’envoi d’une mauvaise version, et un journal détaillé ne corrige pas l’absence de pouvoirs du signataire.
Classer le document et l’impact d’un échec
L’évaluation commence par la conséquence, pas par la technologie. Pour chaque catégorie de documents, examinez :
- valeur financière et engagement;
- sensibilité des données;
- probabilité de contestation;
- nombre de parties et complexité du processus;
- exigences de forme ou sectorielles;
- utilisation nationale ou transfrontalière;
- durée pendant laquelle la preuve devra rester disponible;
- impact d’une usurpation, d’une erreur de version ou d’une perte de preuve.
Un accusé de réception interne à faible conséquence n’appelle pas nécessairement les mêmes contrôles qu’une garantie, une autorisation de paiement ou un contrat réglementé.
La classification devrait être approuvée par les responsables du document. La sécurité peut évaluer les menaces, mais le juridique, la conformité, les opérations et la gestion documentaire connaissent aussi les conséquences et les obligations propres au processus.
Construire une échelle interne claire
Une entreprise peut retenir quatre niveaux, à condition de les définir comme une politique interne. Voici un exemple à adapter :
Ces exemples ne prescrivent pas une méthode universelle. Un document pourrait nécessiter un contrôle spécialisé sans certificat, ou un certificat pourrait être utilisé à un niveau inférieur pour des raisons opérationnelles.
La politique devrait interdire de choisir un niveau uniquement parce qu’il est offert dans un forfait ou parce qu’un client demande « la signature la plus forte ». Le niveau doit être justifié par le document.
Relier chaque niveau à une méthode vérifiable
Pour chaque niveau, décrivez le parcours concret :
- qui prépare et approuve la version;
- comment le destinataire est confirmé;
- comment le signataire s’authentifie;
- comment ses pouvoirs sont vérifiés;
- quelle action manifeste son intention;
- comment l’intégrité est protégée;
- quels résultats bloquent le processus;
- quelles pièces sont conservées.
Lorsqu’une signature numérique fondée sur un certificat est utilisée, la politique devrait préciser les émetteurs ou sources de confiance acceptés, la validation de la chaîne, l’état du certificat au moment pertinent, l’horodatage requis et le traitement des résultats indéterminés.
Un certificat arrivé à échéance au moment d’une vérification ultérieure n’était pas nécessairement expiré lors de la signature. Le niveau de confiance doit donc dépendre de données temporelles et de validation adéquates, pas de l’état affiché aujourd’hui seulement.
Pour une signature sans certificat, les contrôles d’identité, d’accès, de consentement, de version et de journalisation doivent être décrits avec la même précision.
Séparer l’échelle interne des catégories juridiques
Le Règlement sur les signatures électroniques sécurisées prescrit un procédé de signature numérique dans le régime fédéral visé. L’expression « signature électronique sécurisée » ne devrait pas devenir le nom automatique du niveau le plus élevé de l’échelle interne.
Au Québec, la Loi concernant le cadre juridique des technologies de l’information met notamment l’accent sur l’intégrité du document technologique et le maintien du lien entre la signature et celui-ci. Elle ne définit pas les quatre niveaux internes proposés ci-dessus.
Dans un processus européen, les catégories eIDAS — signature électronique, avancée et qualifiée — ont aussi leurs propres définitions. Elles ne doivent pas être traduites directement en niveaux 1, 2, 3 ou 4 sans analyse.
La matrice peut contenir une colonne « catégorie juridique ou technique applicable », distincte de la colonne « niveau de risque interne ». Cette séparation empêche une cote de sécurité d’être présentée comme une conclusion de droit.
Définir les critères de réussite et d’arrêt
Un niveau n’est utile que si l’équipe sait quand le processus passe ou échoue. Les critères peuvent inclure :
- identité confirmée selon la méthode prévue;
- pouvoirs disponibles;
- version et annexes concordantes;
- signature ou authentification réussie;
- validation du certificat et de l’intégrité, s’il y a lieu;
- absence d’avertissement non résolu;
- dossier de clôture exporté;
- conservation et accès testés.
Un résultat indéterminé ne devrait pas être accepté silencieusement. La politique doit prévoir l’escalade, une méthode de remplacement ou un nouveau cycle.
Les exceptions devraient être rares, approuvées par une personne désignée et documentées avec leur durée. Une exception permanente est généralement un nouveau niveau qui n’a pas été officiellement défini.
Approuver et entretenir l’échelle
L’échelle devrait indiquer son propriétaire, sa date d’approbation, les catégories de documents couvertes et sa fréquence de révision. Elle doit être réexaminée lorsqu’un nouveau type de document, une nouvelle juridiction, une nouvelle méthode ou un incident important apparaît.
Testez chaque niveau avec un cas réel avant le déploiement. Vérifiez non seulement la signature, mais aussi l’export du dossier, l’interprétation du rapport et la récupération à partir de l’archive.
Nota Sign configure des parcours distincts par niveau interne avec les participants, contrôles et preuves adaptés au scénario. Cette approche permet d’appliquer une politique de risque mesurable sans transformer les niveaux internes en catégories juridiques. Pour déployer l’échelle, configurez vos parcours par niveau dans Nota Sign.





